| Gilera GP 800 |
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GT sport sobre et luxueuxSes formes originales et douces de maxi GT routier confèrent au GP 800 une identité unique et un gabarit peu encombrant pourtant très protecteur. A peine plus volumineux ou plus long qu’un Yamaha T-Max 500, il se démarque largement de ce dernier par un style visuel très italien, tout en nuances et en détails. Une telle sobriété dans le design a de quoi surprendre de la part de Gilera, également auteur des Nexus et Fuoco 500. Avec ce GP 800, la marque fait un pas de géant vers le grand public, généralement peu attiré par l’excentricité. Le GP 800 affirme donc discrètement une sportivité luxueuse. Et force est de reconnaître que cet "hyper GT" dispose d’une forte dose de charisme, laissant à chacun et surtout aux accessoiristes le loisir de le personnaliser à bon escient. Une prise en main aiséeLe GP 800 opte pour une technologie et une philosophie "hybrides" moto/scooter. Son magnifique bras oscillant intègre donc de manière très discrète une autre innovation pour un scooter : une transmission finale par chaîne. A la convergence des deux mondes, les ingénieurs ont pensé au coffre sous la selle, mais pas aux petits rangements annexes, pourtant bien pratiques. Dommage. Si l’on ne reste pas insensible au pot double sortie, aux demi-guidons ajourés, à l’instrumentation complète et même aux commodos soignés (on note au passage une nouveauté : la commande du pare-brise électrique), l’attention se porte sur le volumineux tunnel central. Particulièrement haut et encombrant, ce dernier impose de lever haut la jambe. Il continuera d’ailleurs à être très présent pendant la conduite, sans jamais gêner. Accessible à la plupart des gabarits grâce à un plancher bien taillé et à une selle suffisamment basse et longue pour s’avancer, le GP 800 permet à un conducteur d’un mètre quatre-vingt de poser facilement les pieds au sol et d’allonger les jambes sans problème contre le tablier. Quelques "8" de prise en main réalisés devant la Feria plus tard, le gros scooter Gilera fait étalage d’une prise en main aisée. Il ne manque ni d’agilité, ni de progressivité dans son comportement. En route ! Le GP 800 n’est pas là pour rigoler !Nous avons été prévenus, "GP" ne signifie pas "Grand Prix", mais "Gilera Performance". Il n’empêche qu’une quinzaine de GP 800 arrêtés en paquet à un feu sur une grande artère de la capitale italienne donne des airs de départ de course à n’importe quel roulage en règle... Sans parler des départs canon qui s’ensuivent au son profond du pot d’échappement, et qui mettent tout le monde d’accord : entre de bonnes mains, le GP 800 n’est pas là pour rigoler ! Le bicylindre puncheur à souhait ne vous arrache pas pour autant les bras ou la tête (il convient quand même de se caler sérieusement contre le dosseret de selle), mais sa force constante offre des reprises omniprésentes et son pic de caractère aux environs de 6 500 tr/min impose le respect. Tout cela requiert d’ailleurs une certaine maîtrise, si ce n’est du scooter, du moins de soi : la remise des gaz sur route poussiéreuse ou à adhérence précaire aura tôt fait de laisser patiner la roue arrière. Le couple du moteur se révèle en effet impressionnant et distribué très bas. On imagine le résultat sur route mouillée, surtout au regard du freinage certes impérial, mais dont la puissance et l’attaque immédiate demanderont un bon doigté les mauvais jours. Une version ABS devrait d’ailleurs voir le jour en 2008. Bonne nouvelle en revanche, de la selle au plancher, en passant par la protection offerte et par l’amortissement, le confort prime. Seul le pare-brise redressé en position haute provoquera quelques turbulences sur le haut du casque au-dessus de 120 km/h. L’excès en douceur !Un peu d’expérience s’avère donc préférable pour emmener sereinement le GP 800. A basse vitesse, il se montre presque aussi maniable qu’un T-Max 500... tout en étant plus lourd de 40 kilos ! L’inertie a pourtant du bon : elle permet ici de profiter d’une excellente stabilité et d’une précision accrue, notamment en remontée de file. En contrepartie, le GP 800 se déséquilibre plus fortement que ses congénères en cas de freinage guidon tourné à faible allure. Sur route, le gros scooter italien affirme instantanément sa forte personnalité et sa vocation "d’hyper rouleur". Capable d’aller titiller les 200 km/h en un rien de temps, on peut à peine lui reprocher une direction légèrement frétillante à cette vitesse. Mais avec lui, on s’extrait immédiatement de la moindre situation délicate et les dépassements deviennent une simple formalité. Efficace et impressionnant. Une plaque d’égout, une chaussée déformée sur une voie rapide ? Les suspensions absorbent sans aucun souci l’obstacle, justifiant leur grand débattement et une certaine mollesse. En courbe, le cap est conservé sans mal, et même malmené, balancé sans ménagement d’un côté à l’autre, le GP 800 ne perd pas son aplomb. Sa seule limite ? Son plancher ! Sur un GP 800, ce ne sont pas les béquilles qui frottent, mais le bas de carénage. |



Article et essai Scooter Station.com

